Un théâtre de la nature

De l’art et des jardins - Des travaux et des jours


Un théâtre de la nature

Un livre de Jacqueline Bouchard - Éditions GID - 2011

  • illustration Jacqueline Bouchard

    Résumé

    Paysagistes et artistes de l'art nature (Land Art)' utilisent la nature comme matériau. Les jardiniers aussi. Comme vous peut-être? Bien que les gestes soient les mêmes, chacun entretient une relation spéciale et intime avec la nature. Leurs intentions secrètes, leurs désirs, leurs rêves se révèlent dans leurs aménagements et leurs créations, parfois sans qu'ils s'en rendent compte. La nature devient parfois une scène, un théâtre qui représente ce que nous voulons être.

    L'auteure a visité des jardins privés, rencontré des paysagistes, observé des artistes en train de créer leurs œuvres dans la forêt. Ces moments captivants témoignent d’autant de théâtres aussi différents qu'intéressants les uns et les autres.

  • L'auteure

    Jacqueline Bouchard

    Jacqueline Bouchard est artiste anthropologue et auteure. Elle a une formation et une pratique en art visuel, en anthropologie et en éducation. C'est une communicatrice dont le parcours est marqué par l'enseignement, les conférences, l'animation. Comme auteure, elle collabore régulièrement à des publications culturelles, en théâtre et en art visuel. Ses derniers ouvrages (La forêt sculptée, 2009; Un théâtre de la nature, 2011) traitent des rapports entre l'art et la nature.

  • Ils l'ont lu

    • Une attention aux objets, comme si tout était digne d'amour, une élévation au-dessus des choses.

      Michel / Passionné de nature
    • Faisant, à mon avis, trop de jardinage, je me fais la leçon, parfois et je me dis, il faut diminuer maintenant, et puis je prends ce livre sur les jardins et me voilà de nouveau stimulée, encouragée, j'oublie mes résolutions et combine dans ma tête qu'est-ce que je pourrais bien faire l'été venu...

      Christine / Jardinière
    • L'écriture de Jacqueline Bouchard a le rythme des travaux et des jours, son théâtre des jardins soulève l'évidence qu'un rituel ne trouve sa pleine lumière que dans ce que la nature et la vie ont de plus sacré. Un ouvrage précieux qui trace des sillons d'une désarmante beauté

      Sylvie Nicolas / Poète, traductrice littéraire et critique de théâtre pour Le Devoir à Québec
    • L'auteure a réussi à cerner, développer, comparer et mettre en évidence tous les principes de l'art dans la nature, de la nature dans l'art et comment chacun s'investit comme metteur en scène ou spectateur dans cet univers de création pure.

      André / Artiste et paysagiste
    • On dirait que l'on est présent à ses côtés et qu'on l'accompagne dans chacune de ses visites et de ses rencontres. C'est un livre duquel se dégage une atmosphère d'émerveillement devant tant de beauté qui émane de la nature, des jardins et des oeuvres qui y sont créées par des personnes passionnées.

      Suzanne / Une lectrice
    illustration Jacqueline Bouchard
    • illustration Jacqueline Bouchard
    • illustration Jacqueline Bouchard
    • illustration Jacqueline Bouchard

    Extraits

    • Nommer tout ce que l’on aime

      (p.45)

      La journée, on le sentait, allait être torride. Elle était assise sur sa galerie, sous le treillis frais de la vigne. Moi qui ne savais rien d’elle, j’ai tout de suite pressenti que ce n’était pas normal. Elle était inconfortable à cause du soleil de juillet qui l’attendait impatiemment au jardin, étonné de son absence inhabituelle, jaloux de ma visite importune. Je leur volais ce beau matin propice à des activités complices.

      Je discernais déjà un aspect d’elle…le temps au bout de ses doigts.

      Est-ce un jeu? Dina, je le sais maintenant, se laisse poursuivre par le soleil à travers le jardin. Les plantes protègent sa fuite. Elles interpellent la lumière brûlante, l’interceptent. Cherchant à capter l’énergie solaire, elles accaparent l’attention du soleil pour mieux le séduire, le laissent pénétrer dans les endroits les plus inattendus et les plus intimes de leurs feuillages. La jardinière, futée, en profite alors pour s’échapper. Courbée vers le sol, souvent à quatre pattes, elle suit la course des ombres que le soleil lui-même dessine, repousse et allonge pour elle au-devant de lui. L’air de rien, ainsi, ils travaillent ensemble jusqu’aux étoiles. Est-ce travailler ? Est-ce jouer ? Quoi qu’il en soit, elle le fait toujours, avec ou sans lui, comme pour appâter la vie. Depuis 35 ans. Depuis que les enfants ont grandi et que le besoin d’être dehors l’a prise, avec toujours en elle ce goût de faire naître et de voir pousser le monde. C’est ce qu’elle dit aux gens, pour faire simple. C’est ce qu’elle se dit à elle-même, pour ne pas tout remuer…

      Depuis longtemps elle s’activait à l’aube. C’était pour eux, pour la famille. Maintenant, au petit jour, elle parle à ses inséparables, à ses chiens et à ses poissons. Et plus tard à son compagnon d’âge, quand il s’éveille. Après leur café du matin, elle fait son ordinaire. C’est le temps domestique, le temps des coulisses. Ensuite, il faut sortir, préparer dehors le décor, attraper le temps, la vie, compter les êtres qu’on aime, savoir qu’ils sont tous là et qu’ils vont bien. Il y a ainsi un espace pour chacun, une étape pour chaque chose et chacune n’est pas faite à moitié, elle le redira, et ça se voit bien. Sinon, le jardin prendrait tout.

      Dès le printemps, il n’y en a que pour lui avec les semis. L’été, elle le gave. Ses vivaces sont toutes bichonnées au compost de crevettes, proprement taillées, impeccables. Il reçoit beaucoup. En retour, il exulte en une succession de floraisons jouissives et changeantes. Et d’une généreuse explosion à l’autre, entre les transitions, elle lui redonne de la couleur avec des annuelles. Elle les a plantées en juin, passés les risques de gel. Lui le jardin, il est de nature difficile. Il est avare de naissance. Il ne lui offre au départ qu’un sol ingrat de gravier et de sable. Il faut péniblement creuser, puis tamiser avec de la terre pour y transplanter le moindre vivant.

      Donner la vie, la protéger et la soigner, cela n’est jamais facile. Tant de sueur, tant de labeur pour lui jusqu’aux abris d’hiver, à édifier fin novembre. Il faut tailler alors, élaguer. Ce qui est fané, l’arracher. Nettoyer pour être prête, dès mai, à recommencer. Ensuite il y a les arbres, à défendre de la bise par des cônes en bois qui deviennent des arbres de Noël quand Dina y fait courir des guirlandes de lumières. L’automne, dit-elle, le jardin a l’air d’une garderie de sculptures. C’est ainsi qu’il s’endort d’un sommeil réparateur, cet enfant gâté, enfin sage et repu sous la neige. C’est un investissement, dans le temps à venir.

      J’arrive donc. Elle se lève, vient à ma rencontre. Elle ne reste jamais assise bien longtemps mais aujourd’hui, elle ne touchera pas à son décor. Elle va oublier le temps qui file et le soleil qui l’attend. Elle va parcourir sa scène. Me parler de la pièce dans laquelle elle joue et de son personnage.

      Le spectacle commence.


    • Le chasseur cueilleur

      (p.158)

      Son atelier à lui, c’est la nature. Il s’était donc installé dans l’air tiède et parfumé de ces dernières belles journées de l’automne, parmi les couleurs bruissantes des feuilles, près d’un petit torrent glacé jouxtant un vieux moulin. Il avait tracé des sentiers que l’on empruntait pour cheminer dans sa poésie. Ou plutôt non, que dis-je. Il avait imaginé des parcours. Il ne s’agissait pas de sentiers tracés puisque Marc ne veut rien changer à ce qui pousse déjà, ne rien enlever au décor sinon y superposer ses impressions. Il fabrique des images fugitives qu’il greffe en relief sur la scène existante, une intervention qui rehausse le tableau, comme un signe ajouté qui fait apparaître soudain ce que l’on n’avait pas vu avant. Ne rien bousculer. Il se contente de coiffer des souches avec du duvet d’oie et de ceinturer des troncs avec des chapelets de fleurs. Il chausse les arbres de pantoufles d’or faites de tiges de blé tressées. Il façonne dans l’humus des volcans incandescents en élevant des cônes de fruits rouges préalablement cueillis sur un vinaigrier.

      Ses gestes laissent des traces éphémères, éléments insolites qui attirent l’œil et les pas curieux dans la forêt, comme le sucre attire les abeilles. Les visiteurs butinent les délicats ouvrages. Les pieds fureteurs effleurent le sous-bois dans un chuintement de feuilles froissées, à la suite du regard qui contemple, qui se réjouit et se met en quête d’autres révélations précieuses, comme en pèlerinage.


    • Un théâtre de la nature: l'art, les travaux et les jours

      (p.181-182)

      L'art et nature ont toujours cheminé ensemble, jonglant avec le temps et l'espace. La nature demeure l'imprévisible théâtre de notre art, de nos travaux et de nos jours.

      Pour saisir la vie qui bouge, un artiste fixe le galop des chevaux sur la paroi d'une caverne, le vol d’un oiseau ou la course des nuages sur une toile. Pour que son jardin forme un beau tableau, une jardinière arrache minutieusement le chiendent, taille aux ciseaux le gazon autour des pierres, enlève le feuillage flétri. Ils tentent en vain, tous deux, d’immobiliser le temps. Ce faisant, ils ne le voient pas passer. Peut-être est-ce là ce qu'ils veulent : être emporté ailleurs, oublier le temps qui file en courant à sa suite.

      Aucun geste ne peut retenir le temps. Toute mise en scène implique la fin d’une représentation. Passe-temps ou temps de création, le temps nous emporte et nous contraint à le rattraper toujours, de floraison en floraison, d'oeuvre en oeuvre. Pour le retenir, il faut le rendre extensible, infini, inutile, insaisissable et imprévisible. Il faut le transformer en poésie.

  • illustration Jacqueline Bouchard

    Bibliographie commentée (extraits)

    • Jardins et paysages: textes critiques de l'antiquité à nos jours

      1996 Jean-Pierre Le Dantec dir., Paris: Larousse, 634 p.

      Recueil incontournable de textes rassemblant des auteurs qui ont réfléchi et écrit sur l'art des jardins, le paysage, l'art nature, l'environnement, l'écologie. Depuis les plus anciens aux plus récents, ils traitent d'une multitude d'aspects concernant notre sentiment de la nature, la manière dont nous la concevons et comment nous la transformons. Les chapitres se partagent comme suit: Antiquité et Moyen-Âge; Renaissance et maniérisme; Baroque, classique et rococo; Lumières et préromantisme; Le siècle du style paysager; Modernité; Époque contemporaine (1960 à nos jours). On retrouvera dans ce volume des auteurs très connus ou moins connus de toutes disciplines, depuis longtemps disparus ou contemporains, puisque Jean-Pierre Le Dantec a puisé à toutes les sources pour composer une image sensible de chaque époque.


    • Petit traité du jardin ordinaire

      2003 Anne Cauquelin, Paris: Éditions Payot et Rivages, 171 p.

      Petit traité, comme son nom l'indique, sur le jardin. Excellent ouvrage facile à lire, entre philosophie et histoire de l'art. En plus d'examiner le jardin «ordinaire» en détail, l'auteure réfléchit sur l'art et les jardins contemporains. Des références littéraires éclairent l'histoire des jardins. Son propos s'articule autour des concepts de la «vulgate» et de la «doxa», qu'elle utilise pour analyser l'ordinaire du jardin, ses caractéristiques. Quelques sujets: temps, espace, lieu, site, paysage, clôture, perspective, allées, bordures, promenade, déplacements, ombres, accessoires, éléments naturels, cabanes, cabinets de curiosité, animaux, travail, gestes, devant/derrière, extérieur/intérieur, narrativité, écriture, conte, poésie, exposition et installation dans les jardins contemporains; intention; jardin d'artiste, jardin pédagogique, lettré, critique, commandé, nomade, en mouvement.


    • Dominique Laquerre. Sur le terrain. In the Field

      2007 John K. Grande, Trois-Rivières: Éditions d'art Le Sabord, 126 p., ill.

      Très beau catalogue, genre monographie, sur 15 ans du travail de Dominique Laquerre. Cette artiste vit à Chesterville (près de Victoriaville) où elle organise chaque année, sur sa terre, un événement d'art nature dans lequel la musique tient aussi une place privilégiée. Elle implique habituellement ses concitoyens dans la création de ses oeuvres éphémères. Celles-ci s'inscrivent dans une approche sociale, critique et écologique. Elle a également plusieurs réalisations en art public.


  • illustration Jacqueline Bouchard

    La presse en parle

    • La pédagogie s'exprime ici dans toute son intelligence. [...]
      Livre réfléchi, pénétrant, aux belles et multiples résonances.

      Nuit blanche / Laurent Laplante - No 126 - Avril, mai, juin 2012
    • D’emblée, l’auteure identifie la relation intime du jardinier avec la nature comme étant de l’ordre du jeu, un jeu où ce dernier se met en scène dans la nature.

      Anthropologie et Sociétés / Maria Aubin - No 36 - 2012
    • Le livre ne porte pas sur le comment faire mais sur l'âme du jardinier. [...] Une façon bien originale et pourtant si légitime de voir le jardinage.

      Le Soleil / Larry Hodgson, samedi 14 avril 2012
    • Loin d’être un traité sur la botanique, l’ouvrage se définit plutôt comme un essai poétique.

      QuébecHebdo / Thaïs Martel, 23 octobre 2011
  • illustration Jacqueline Bouchard

    Conférences

    Avez-vous un jardin ? Connaissez-vous l'art nature ? Peu importe. Si vous aimez la nature, vous serez enchantés de l'explorer sous un angle absolument original, à travers les propos passionnés de Jacqueline Bouchard. Elle vous fera découvrir que la nature peut devenir une scène, un théâtre qui représente ce que nous voulons être. L'auteure a visité des jardins privés, rencontré des paysagistes, observé des artistes en train de créer leurs œuvres dans la forêt. Ces moments captivants témoignent d’autant de théâtres aussi différents qu'intéressants les uns et les autres.

    DURÉE

    1 h / 1h30
    Une période de questions est bienvenue à la fin.

    PRÉSENTATION

    Power Point ou Diapositives

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    418 529 0467
    jibe@videotron.ca

  • illustration Jacqueline Bouchard

    Lectures

    L'auteure offre des lectures privées, accompagnée par un musicien. Des extraits de son livre sont spécialement choisis en fonction de votre propre environnement et du contexte. C'est un moment magique qui animera votre jardin en un doux théâtre de la nature.

    DURÉE

    Une heure.

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Nombre de pages

200

Nombre d'illustrations

156 (couleurs)

Éditeur

Les Éditions GID (Québec)

Année de parution

2011

ISBN

978-2-89634-119-1
(imprimé au Canada avec le soutien de la SODEC,
du Gouvernement du Canada et du Conseil des Arts du Canada)

Prix

25$ + 7$ (frais d'expédition)
Jacqueline Bouchard

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